Sommeil de bébé · 0–3 ans

Terreurs nocturnes et cauchemars

Ce sont deux phénomènes différents, qu'on traite de deux façons opposées, et l'un des deux se règle en ne faisant presque rien. Deux questions suffisent à savoir lequel on a devant soi.

Par Aurélie, consultante en sommeil infantile

Enfant endormi au petit matin

Les deux questions qui tranchent

À quel moment de la nuit ? et s'en souvient-il le lendemain ? Ces deux réponses suffisent presque toujours.

Terreur nocturneCauchemar
MomentDébut de nuit, 1 à 3 h après le coucherFin de nuit, seconde moitié
ÉtatIl dort — il ne vous reconnaît pasIl est réveillé, il vous reconnaît
ManifestationCris, sueurs, yeux parfois ouverts, agitationPleurs, peur, appel
ConsolationSans effet, et souvent elle aggraveElle apaise immédiatement
Le lendemainAucun souvenirIl peut le raconter
ÂgeSurtout 1 à 4 ans, pic vers 3-4 ansÀ partir de 2 ans, fréquent jusqu'à 10 ans

La terreur nocturne : ne pas réveiller

Elle survient en début de nuit, au moment où l'enfant sort d'un sommeil très profond sans se réveiller complètement. Il crie, se débat, transpire, paraît terrifié — et il dort.

C'est ce qui rend la scène si difficile à vivre : l'enfant semble en détresse, mais il ne vous voit pas, et le prendre dans les bras prolonge souvent l'épisode au lieu de l'écourter.

Ce qu'il faut faire : ne pas le réveiller. On reste à côté, on veille à ce qu'il ne se blesse pas, on parle peu et bas. Cela dure de quelques minutes à une vingtaine, puis l'enfant se rendort d'un coup. Il n'y a rien à en dire le lendemain — il n'en a aucun souvenir, et lui raconter la scène ne fait que l'inquiéter.

Ce qui déclenche une série de terreurs nocturnes

Elles ne sont pas psychologiques, et elles ne signalent pas un problème affectif. Ce qui les favorise le plus nettement, c'est la dette de sommeil : une série commence très souvent après une semaine de couchers tardifs, de siestes supprimées ou de nuits écourtées.

Le traitement est donc contre-intuitif — on ne travaille pas la nuit, on avance le coucher de 30 minutes et on protège la sieste tant qu'elle existe. Les épisodes s'espacent en général en une à deux semaines.

Autres facteurs connus : la fièvre, un changement de rythme, un environnement bruyant, une vessie pleine.

Le cauchemar : rassurer, et rester court

Il survient dans la seconde moitié de nuit, pendant le sommeil paradoxal. L'enfant se réveille vraiment, il a peur, il vous reconnaît, et il peut souvent dire ce qu'il a vu.

Ici, la consolation fonctionne, et c'est ce qu'il faut faire : venir, rassurer, nommer ce qui s'est passé, rester le temps nécessaire. Puis remettre au lit — dans son lit, pour ne pas installer une habitude qui sera difficile à défaire.

Le lendemain, on peut en parler, brièvement, sans en faire une affaire. Et le soir venu, on évite les images ou les histoires effrayantes dans l'heure qui précède le coucher.

Quand consulter

Ces phénomènes sont banals et passent avec l'âge. Un avis médical se justifie si : les épisodes sont très fréquents ou nombreux dans une même nuit, l'enfant se blesse, ils s'accompagnent de ronflements réguliers ou de pauses respiratoires, ils persistent au-delà de l'âge habituel, ou s'ils apparaissent après un événement difficile.

Questions fréquentes

Comment savoir si c'est une terreur nocturne ou un cauchemar ?
Par le moment de la nuit et par le souvenir. Une terreur nocturne survient une à trois heures après le coucher, l'enfant ne vous reconnaît pas et n'en gardera aucun souvenir. Un cauchemar survient en seconde moitié de nuit, l'enfant est réveillé, il vous reconnaît et il peut le raconter.
Faut-il réveiller un enfant en pleine terreur nocturne ?
Non. Le réveiller prolonge souvent l'épisode et le laisse désorienté. On reste à côté, on veille à ce qu'il ne se blesse pas, on parle peu et bas, et on attend que cela passe — de quelques minutes à une vingtaine.
Comment éviter les terreurs nocturnes ?
En traitant la dette de sommeil, qui en est le premier déclencheur. Avancer le coucher de 30 minutes et protéger la sieste tant qu'elle existe espace les épisodes en une à deux semaines. Agir pendant la nuit elle-même ne sert à rien.

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