La sécurité du sommeil
Aucun conseil de sommeil, aucune méthode d'endormissement, aucune nuit complète ne passe avant ces règles. Elles sont peu nombreuses, elles sont simples, et elles réduisent le risque de mort inattendue du nourrisson.
Toujours sur le dos
Pour chaque sieste et pour chaque nuit, dès la naissance : sur le dos. Jamais sur le ventre, jamais sur le côté — la position sur le côté est instable, l'enfant bascule facilement sur le ventre.
C'est la mesure qui a le plus fait chuter la mortalité infantile depuis les campagnes de prévention des années 1990. Elle n'est pas négociable, même si votre bébé « dort mieux » sur le ventre : c'est précisément ce sommeil plus profond, dont il se réveille moins facilement, qui constitue le danger.
Quand votre bébé sait se retourner seul, dans les deux sens et sans aide, vous n'avez plus à le remettre sur le dos s'il se retourne pendant la nuit. Mais vous continuez à le coucher sur le dos.
Un lit vide
Vide veut dire vide. Dans le lit, il n'y a que le matelas, le drap-housse, et votre bébé en gigoteuse.
- Pas de tour de lit, même « respirant », même décoratif.
- Pas de couverture, pas de drap, pas de couette, pas d'oreiller. La gigoteuse à la bonne taille remplace tout cela : elle ne peut pas remonter sur le visage.
- Pas de cale-bébé, pas de réducteur, pas de cocon non conçu pour le sommeil.
- Pas de peluche ni de doudou avant 1 an. C'est difficile à entendre, mais un doudou dans un lit de nourrisson est un risque d'étouffement.
Tout ce qui est mou, tout ce qui peut recouvrir le visage ou gêner la respiration, reste en dehors du lit.
Un matelas ferme, aux bonnes dimensions
Ferme, plat, en bon état, et exactement aux dimensions du lit : aucun espace ne doit subsister entre le matelas et les barreaux, un bébé pourrait s'y coincer. Pas de matelas d'appoint, pas de surmatelas moelleux, jamais de couchage sur un canapé, un fauteuil, un coussin d'allaitement ou un lit d'adulte non sécurisé.
Dans votre chambre, mais dans son lit
La recommandation en France est de faire dormir le nourrisson dans la chambre des parents jusqu'à 6 mois — mais dans son propre lit, pas dans le lit des parents.
Le point le plus important de cette page, s'il ne fallait en retenir qu'un : ne vous endormez jamais avec votre bébé sur un canapé ou dans un fauteuil. C'est la situation la plus dangereuse qui existe, bien plus que le lit.
Le partage du lit est déconseillé, et il devient franchement dangereux si l'un des parents fume, a bu de l'alcool, a pris un médicament qui endort, est très fatigué, ou si le bébé est né prématurément ou de petit poids.
Entre 18 et 20 °C
La surchauffe est un facteur de risque. Visez 18 à 20 °C dans la chambre, habillez votre bébé d'une couche de plus que vous, et vérifiez sa nuque plutôt que ses mains : des mains fraîches sont normales, une nuque moite signifie qu'il a trop chaud.
Ne couvrez jamais sa tête pour dormir, et n'utilisez pas de bonnet à l'intérieur : la tête est sa principale voie d'évacuation de la chaleur.
Un environnement sans tabac
L'exposition au tabac, pendant la grossesse comme après la naissance, augmente nettement le risque. Aucune fumée dans le logement, ni dans la voiture — y compris hors de la présence de l'enfant, car les résidus persistent sur les tissus et les vêtements.
Ce qui protège
À l'inverse, deux éléments sont associés à un risque réduit : l'allaitement, quand il est possible, et le fait de dormir dans la chambre des parents les premiers mois. Concernant la tétine au moment de l'endormissement, certaines autorités de santé la considèrent comme protectrice ; l'avis n'est pas uniforme d'un pays à l'autre, et c'est une question à poser à votre pédiatre.
Quand consulter sans attendre
Ces règles ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en rapidement à un professionnel de santé si vous observez : des pauses respiratoires pendant le sommeil, une respiration bruyante ou un ronflement régulier, une transpiration importante la nuit, une courbe de poids qui décroche, ou tout simplement si quelque chose vous inquiète. Votre intuition de parent compte.